En ces temps troublés, je sentais bien que chacun se recroquevillait.
Faire semblant, trouver des expédients, partir, parler, écrire, penser en aparté. Certains laissent même croire à un silence de sainteté, puis, en souris, se glissent par tous les trous de serrure.
Quand la balance n’est plus en équilibre, tout tombe et disparaît.
Je ne sais à cette heure où tu pouvais bien être, mais il y a longtemps que je ne t’entends plus.
Sans doute penses-tu que brille près de moi un soleil ou un autre, qu’à ses pieds je me prosterne telle une belle idiote. C’est bien mal me connaître. Toi seul a la clé de la porte du cœur. Ne la prête à personne, garde là juste pour toi. J’aurais tant voulu qu’elle soit qu’entre tes mains, juste pour ton regard, pour les soirs de cafard.
J’ai dû me tromper. Ton amour n’était qu’un feu de paille qui t’a souvent fait rire, mais pas vraiment m’aimer.
“Ainsi va la vie, qui n’en finit pas, comme la roue de tourner. Moi, je t’aimais…”
Hier soir, à quelques arbres de mes fenêtres, la chouette me l’avait bien dit qu’elle prenait ses quartiers d’été ! J’étais dubitative quant à son chant rassurant, il annonce en général la chaleur qui s’installe.
Et pourtant…
L’appel des jardins en fleurs, le parfum des lilas qui commence à paraître, les tulipes rouge et or, jonquilles et pâquerettes, impossible de ne pas chausser ses baskets, pour partir le nez au vent du jour.
C’est ce que j’ai fait.
Sous un soleil qui avait fui mon ciel depuis quelques jours, et qui, comme pour s’excuser de son absence, m’a offert en cadeau la douceur bleue du ciel que j’aime, j’ai rejoint à petits pas le chemin de mes collines.
Le pourtour de « mon » château est cette année plus bruyant qu’à l’habitude. En effet, son parc se prépare à accueillir marcheurs à l’affut de bio découvertes, concerto pour piano et cigales…
J'ai laissé sur le chemin du retour quelques derniers regards sur le cours de ma rivière qui chantonnait heureuse d’avoir tout autour d’elle une myriade d’iris, de grands beaux boutons d’or.
Enfin, me voilà arrivée à la maison en disant :
« il fait trop chaud, je n’en peux plus, à boire par pitié » tout ça tout en soufflant.
“Elle me l’avait bien dit ma chouette qu’il ferait beau dimanche”
J'ai découvert il y a très peu de temps Omar ORTÍS, artiste peintre au talent en Or massif, impossible de ne pas lui faire un clin d'œil sur mon journal, il le mérite vraiment !
Si toutes les peintures de Omar m’ont ébloui par leur époustouflant réalisme, j’attache beaucoup d’importance, particulièrement en photographie, à “ l’expression ” du regard & celle des mains…
Cette toile m’a littéralement fait craquer, j’adore !
Il y avait longtemps que Lucie n’avait fait paraître son minois.
Pour qui ? Pourquoi ?
Elle savait que tant de gens étaient en attente de ce qu’elle pourrait dire ou faire. Elle pensait à Paul, il la connaissait par cœur. D’un regard il devinait son état d’esprit.
- Bouge toi ! Réagis ! Tu ne te rends pas compte que tu t’enfermes chaque jour un peu plus ! Bon sang, je t’ai connu combative, créative, rebelle, prête à démolir des montagnes !
- Je sais Paul. La vie s’est chargée de me casser en mille morceaux. Toi, tu es pris par le tourbillon de tes amis, tes relations, ton boulot, ta ville. Moi, je n’ai plus rien, même plus mon chien !
- Combien de fois faut-il que je te répète de rejoindre la capitale ? Je suis là, seul comme un con, pendant que tu moisis dans ton bouiboui !
- Trop enracinée à ma terre Paul…
- Pas de soucis, je descends avec mon Caterpillard ! Allez la belle, je ne te demande rien, juste de te ressaisir. Retrouve ton sourire et ta joie de vivre, la suite, c’est toi qui l’écriras. Il faut que je parte, réfléchi à ma proposition, elle est très sérieuse.
- Tu es un amour, mais…
La communication fut interrompue.
Se remettre en question, bouger, changer, partir, loin, très loin… j’avais tourné et retourné des milliers de fois ces images dans ma tête. En rêve, en cauchemars, endormie, éveillée.
Pierre m’avait laissé seule. Du jour au lendemain plus de travail, j’étais tombée dans la précarité sans avoir eu le temps de respirer.
- Où étais-tu toi que j’aimais ?
J’imaginais que tôt ou tard je m’en sortirai… foutaises ! Tel un soldat dans une guerre qui ne finit pas, qu’il ne comprend pas, enfermée dans une prison à ciel ouvert, je restais prostrée, en léthargie. Recroquevillée de jour comme de nuit.
Le brasier qui flambait, étincelait, vibrait, avant, se réduisait peu à peu à une flamme fragile, prête à s’éteindre, maintenant.
Comment sortir de ce carcan ?
Paul était mon contraire, mon inverse. Son côté force me fascinait. Il n’avait pas eu une enfance facile. Perdre sa mère alors qu’il n’avait pas cinq ans l’avait rendu combatif, invincible. Il prenait des colères noires quand je lui lançais en souriant qu’il était « le cavalier immortel » Autant de fois Paul était tombé, toujours il se relevait ! Plus fort, plus vaillant.
- Ne me fais pas passer pour plus fort que je ne suis ! Te souviens-tu de ta promesse à tenir la tête haute et fière quoi qu’il arrive ? La mort n’a pas voulu de toi, alors maintenant : Vis !
La grande faucheuse n’avait pas voulu emporter la petite jeunette de vingt ans anorexique, elle ne pouvait s’empêcher de venir la narguer de loin en loin.
Lucie en était là de ses réflexions moroses, lorsque le bip de son mobile la fit sursauter…
- Oui !
- Lucie ?
- Paul !
- J’ai réfléchi, tu ne peux absolument pas continuer sur ce tempo ! Je viens ce week-end.
- Et ?
- Et tu fais tes bagages ! Ne me fait pas le coup de « ta » terre, je vais te faire goûter le bitume, les flonflons et les paillettes, les lumières, l’agitation de la rumba parigote. Tu verras, cette danse t’ira comme un gant ma cocotte !
Malgré ma canne blanche, je l´ai vite reconnue Avec ses yeux peints couleur mélodrame On fait tout c´ qu´on peut du temps et d´ son âme
J´attendais la nuit à l´ombre de l´usine J´ regardais ma vie comme un vieux magazine Le vent était chaud, le ciel plein de rouge Elle marchait sur un bateau qui bouge
Elle est v´nue vers moi pour m´apprendre mon rôle Quand ma solitude n´était vraiment pas drôle J´ai senti l´orage quand ma voix s´est cassée Mais déjà je dansais comme un clown sur la trace de Salomé
Y avait dans son lit quelques cartes égyptiennes Elle m´a demandé de deviner la mienne Plongeant dans mes yeux, elle jouait les sirènes Moi j´étais son fou, elle était ma reine
Avant de sortir, j´ai volé toutes ses cartes J´en f´rai des souvenirs pour ses amants qui partent Elle semblait dormir, j´ai cru qu´elle rêvait Ma chance est fragile, fallait pas l´user
En sortant, c´est marrant, j´ai pas fait de vacarme Mais j´ai vu ce fou s´ pendre au signal d´alarme Une fois dans la rue, j´ai enfin respiré Il pleuvait mais le vent de minuit a chanté pour Salomé
J´entends l´ pauvre Oscar appeler saint Jean-Baptiste Pour lui demander si l´ temps qui passe existe Sur le bord du puits, quand l´autre a maudit L´ombre en plein midi, personne n´a compris
Oscar est parti sous la nuit d´équinoxe Il a juste laissé sa paire de gants de boxe Tout était en place, le rideau s´est l´vé Les juges ont crié : Place aux condamnés
Tout ça peut paraître une bien étrange histoire La morale est loin dans l´ fond de ma mémoire Une bille a sonné comme un vieux bouclier Quand le vent tournera qui venait me parler de Salomé.
Jean-Patrick Capdevielle
Ω Ω Ω
Ecoute un peu mes mots...
Elle parle jamais d´hier, pour elle demain c´est trop loin Elle peut pas tomber, y a rien qui la protège C´est juste une collectionneuse de sortilèges A minuit quand tous ses bracelets sonnent Elle est comme personne
Quand le soleil qui plonge à la fin du jour s´élance En reflets chiffonnés noués sur ma vitre, La buée de sa bouche enfièvrée m´évite Même le silence me crie "Abandonne!" Elle est comme personne
Ecoute un peu mes mots T´en vas pas, petite, Toutes mes forces me quittent J´ai jamais voulu te voler Ni t´arracher Les haillons, les larmes et les chaînes De tout ce que t´app´lais Ta liberté
J´ose pas me regarder dans l´eau que ses mains retiennent Elle dit "De quoi t´as peur?" et mon orgueil explose Les portiers de ma raison se sauvent Le jeu de ses doigts m´emprisonne Elle est comme personne
Quand tout l´monde est courbé sous le vent des fausses nouvelles, Quand les écrans des théoriciens malades Vomissent leurs mots venin, elle s´évade Quand le vent muet tourbillonne Elle est comme personne
Ecoute un peu mes mots T´en vas pas, petite, Toutes mes forces me quittent J´ai jamais voulu te voler Ni t´arracher Les haillons, les larmes et les chaînes De tout ce que t´app´lais Ta liberté
Moi j´avais seulement connu deux ou trois nuits clandestines Et soudain mes passions soldées carillonnent Ma cour est vide et mon escalier résonne Elle reprend jamais les pleurs qu´elle me donne Elle est comme personne
Elle a jamais d´mandé l´brouillard de mes serments vides Et quand j´ai mal j´me plains pas d´la brûlure J´suis venu seul à g´noux devant sa serrure Quand mes derniers espoirs plafonnent Elle est comme personne.
Ecoute un peu mes mots T´en vas pas, petite, Toutes mes forces me quittent J´ai jamais voulu te voler Ni t´arracher Les haillons, les larmes et les chaînes De tout ce que t´app´lais Ta liberté...
Il fallait bien se résoudre au fait que tout était fini bien avant d’avoir commencé.
Tu n’envisageais en aucune manière de partir, moi non plus. Pourquoi nous lancer vers l’inconnu alors que nos vies semblent tracées aussi droites qu’une autoroute. Ce soir et à cette heure, seul un miracle, un génie à la lampe, je ne peux dire un « hasard » puisque je n’y crois pas, pourrait faire en sorte que tout change. Je m’interroge depuis un long moment à savoir ce qui t’a définitivement éloigné de ce semblant de « nous » qui me donnait l’impression que tout était possible.
Peut-on appeler cela de l’amour ? Je ne le saurais jamais.
J’espère seulement ne pas m’être trompée. Que tous ces moments que j’ai cru partager ont bel et bien existé. Finalement, je me suis étalée, déballée, mise à nu parfois, dans la mesure du possible et bien au-delà de ce que je suis, seulement pour que tu comprennes. Je n’ai obtenu aucun retour évident, de simples suppositions, beaucoup d’imagination. La notoriété m’emmerde prodigieusement, elle met des barrières qui balaient d’un coup d’un seul les sentiments simples et véritables.
Peut-on appeler cela de l’amour ? Je ne le saurais jamais.
Dans cette histoire, la seule idiote c’est moi. Comment peut-on être aussi réaliste, méfiante pour avoir trop été déçu, et se laisser rouler par une illusion, une simple intuition, une forte envie que ça marche, comme on ouvre une porte sur un monde qui permet d’y croire enfin. Si j’en ai parcouru du chemin, entre la vie, la mort, les uns, les autres, je pensais ne plus me faire piéger par un rêve. Tu sais, ce fil transparent qui un jour te mène vers ce que tu désires depuis si longtemps.
Peut-on appeler cela de l’amour ? Je ne le saurais jamais.
Ils ont été nombreux à penser que c’était pour eux que je disais, ce n’était que pour toi.
Les souvenirs d’un cœur fragile et trop sensible te feront sourire si tu prends le temps de me lire. Depuis longtemps je sais que tu es dans une autre vie, un autre regard, une autre histoire, c’est ainsi.
La mienne n’est pas terrible, elle est triste à mourir.
Entre faux-semblant, faux sourire, entre deux, je fais comme si,
Je ne sais s’il vous est déjà arrivé d’être pré’occupé concernant une personne que vous appréciez et qui, sans que vous en compreniez la cause, adopte un comportement à la fois proche & distant, moi oui.
Ok, proche & distant ça ne va pas ensemble.
Il y a déjà un moment que les liens entre nous se sont distendus, c’est vrai. Le revoir n’a fait que confirmer mon sentiment d’un changement profond dans sa vie. En aurait-il honte, serait-il gêné, a-t-il quelque chose de particulier à me reprocher ? Pourtant, cette complicité je la ressens toujours, même si plus discrète.
Comment puis-je affirmer ? Ça, c’est mon côté animal, pardon, amical, non animal, mon sixième sens.
Pourquoi déposer ce va-et-vient de points d’interrogation ? Sans doute pour les faire disparaître de mes pensées, ceux-ci me parasitent depuis trop longtemps, le revoir a réactivé mon moteur à questions.
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L’année 2012 a ouvert ses portes, et depuis quelques années, chaque fois que j’ai besoin de changement, j’ouvre un nouveau support d’écriture.
Certes, l’esprit et le style du décor restent le même, tant par les mots que par les photos, nous avons tous notre griffe bien reconnaissable, les internautes le savent bien.
Je vous le disais il y a quelques jours, je poursuis donc les pages du livre de mes pensées en ces lieux, plus « ouvert à tous », avec pour pseudo « Petit roseau ». Il n’est pas très difficile de comprendre comment il est venu à moi…
Déjà, parce que Jean De la Fontaine est un de mes poètes préférés. Puis, parce qu’ « il plie, mais ne rompt pas »… Enfin, parce que c’est une manière comme une autre de faire un pied-de-nez à tous ceux qui m’empêche d’avancer, tant dans la vie que sur le net, estomper quelque peu mes tristesses. Mistikgriffe vous a conté ses malheurs dernièrement...
Ici, je continuerai à partager avec vous le cours de « mon » temps…
Non, la brume ne dure jamais très longtemps. Temps flou, un peu fou, c’était sans compter la force de « mon » soleil plus fort que nous, plus fort que toi, plus fort que tout.