Il suffit que je ferme les yeux pour me sentir loin de tout.

Le vent souffle fort depuis des heures tel un blizzard épais au fin fond de la Sibérie. Depuis le petit matin, jusqu’au premier point de la nuit, une vague de grésil glacial s’enroule autour des maisons et des gens, à l’image d’un serpent encerclant sa proie. Alors que la neige enlace les paysages alentour, ici, ce n’est que myriades de paillettes en rafales. Elles ne font que passer, sans penser à se poser ou même s’installer.

Les volets du voisin claquent à intervalles réguliers et tapent sur la rambarde, le bruit n’a pas l’air de le déranger, je vais finir par le trouver moi aussi rassurant. Le souffle puissant de l’air s’infiltre par tous les interstices en faisant « le loup ». 

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Impression étrange d’être dans un bateau à la dérive, perdue au milieu de tout, perdue au centre de rien.

Étrange sensation de se sentir à l’abri, tout en étant si près de l’œil du cyclone.

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© Texte  Nathalie K

28 février 2018 ~ 23 : 16  

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