En ces temps troublés, je sentais bien que chacun se recroquevillait.

Faire semblant, trouver des expédients, partir, parler, écrire, penser en aparté. Certains laissent même croire à un silence de sainteté, puis, en souris, se glissent par tous les trous de serrure.

Quand la balance n’est plus en équilibre, tout tombe et disparaît.

Je ne sais à cette heure où tu pouvais bien être, mais il y a longtemps que je ne t’entends plus.

Sans doute penses-tu que brille près de moi un soleil ou un autre, qu’à ses pieds je me prosterne telle une belle idiote. C’est bien mal me connaître. Toi seul a la clé de la porte du cœur. Ne la prête à personne, garde là juste pour toi. J’aurais tant voulu qu’elle soit qu’entre tes mains, juste pour ton regard, pour les soirs de cafard.

J’ai dû me tromper. Ton amour n’était qu’un feu de paille qui t’a souvent fait rire, mais pas vraiment m’aimer.

“Ainsi va la vie, qui n’en finit pas, comme la roue de tourner.
Moi, je t’aimais…”

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© Texte  Nathalie K
18 décembre 2016 ~ 19 : 10

© D’après une peinture de Delphin ENJOLRAS

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(c) Delphin Enjolras